Hugo Jardin : Interview du chanteur !
Hugo Jardin revient sur le déclic de sa carrière, son amour des mots, la scène comme vérité, son travail en studio et sa vision libre du métier d’artiste.

Hugo Jardin revient sur le déclic de sa carrière, son amour des mots, la scène comme vérité, son travail en studio et sa vision libre du métier d’artiste.

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Premier déclic enfant : j’ai vu une vidéo de Jacques Brel chantant « Les Bonbons ». J’ai été fasciné par cet homme dont le visage se déformait sous mes yeux, si poreux, si écorché, dont la voix tremblait, se cassait, puis frappait avant de se retirer soudainement à l’intérieur… J’avais la certitude d’assister à quelque chose d’important, sans bien comprendre encore la nécessité qui pouvait pousser quelqu’un à se mettre dans une telle situation de vulnérabilité.
Mon premier amour est la poésie, les mots. Ils ont pour moi le parfum le plus riche, le plus subtil. Mais je viens d’une famille qui les a beaucoup utilisés pour mentir, pour tordre le réel, pour réécrire l’histoire — la leur et celle des autres — et qui, ce faisant, les vidaient de leur substance.
Chanter ces mots sur scène, les incarner sensiblement face à d’autres êtres sensibles, sans artifice, c’est une façon pour moi de m’assurer qu’ils restent pleins de sens, pleins de vie. Et que si j’ai un jour la tentation de les utiliser à mon profit, pour autre chose que ce qu’ils sont, tout le monde me verra mentir ! Monter sur scène, c’est se mettre en état de flagrant délit – et c’est exactement ce que je recherche.
Au commencement, l’inspiration : une mélodie surgit, quelques mots se dessinent… Je prends ma guitare et les accueille en moi. La chanson prend doucement forme.
Je rentre ensuite en studio à Paris avec mon réalisateur et ami, le magicien Robin Leduc. On enregistre la base, puis un musicien passe, enregistre sa partie, puis un autre. On cherche, on refait des prises, on se désaccorde, on s’accorde, on ajoute puis élague… jusqu’à ce que le tout s’harmonise et que le miracle se produise.
Pour les répétitions live, j’ai la chance inouïe de travailler avec des musiciens exceptionnels, qui m’enrichissent de leur expérience. Dans un tel contexte, l’accord se fait naturellement, et nous répétons finalement assez peu.
Oui, je fais du live !
Nous avons monté un nouveau spectacle à l’occasion de la sortie de l’EP, dont je suis très fier. Je suis désormais accompagné de trois musiciens — Hagar Ben Ari, Léo Barbenes et Mathias Fisch — grâce à qui j’ai réalisé l’un de mes rêves : avoir, sur scène, une véritable énergie de groupe. Un vrai groupe.
La première a eu lieu en décembre dernier au Silencio, et nous jouerons dans plusieurs villes en France en 2026 (les dates seront bientôt annoncées sur mes réseaux).
Et pour les Parisiens, je serai en showcase le 7 mars prochain à la FNAC Saint-Lazare à 16h !
Je n’ai ni agent ni contrat de tourneur/booking : nous produisons actuellement les concerts de manière autonome, avec les amis avec qui j’ai monté mon label. Nous restons toutefois ouverts à de nouvelles collaborations.
Le concert du 7 mars à la FNAC Saint-Lazare ! D’autres dates suivront en 2026, dans plusieurs villes en France (elles seront bientôt annoncées sur mes réseaux — stay tuned !).
En parallèle, je poursuis la production de mon premier album, dont la sortie est prévue pour la rentrée 2026.
J’ai monté mon propre label — avec ma famille Tatiana F-Salomon, Natacha Quester-Sémon, Sacha Quester-Séméon et Étienne Parizot. Nous produisons et éditons ainsi nous-même le projet en toute indépendance ! Et cette liberté n’a pas de prix.
Artistiquement bien sûr, mais aussi dans le choix de nos partenaires (distribution, management, marketing digital, attachés presse) : nous pouvons nous entourer d’une équipe avec qui nous partageons les mêmes valeurs.
Des conseils ? Entourez-vous bien (seuls, nous ne sommes rien), coupez les ponts avec les toxiques, restez — ou devenez — libres et fidèles à vous-mêmes, et n’ayez pas peur d’emprunter des chemins de traverse (comme dirait ma chère Tatiana F-Salomon, on ne fait du neuf qu’avec du neuf).
Les réseaux sociaux restent aujourd’hui le principal moyen de communication avec le public. Donc il faut poster. Mais à celles et ceux que cette injonction effraie, je dirais ceci : le fameux contenu (reels, carrousel, etc.) n’est qu’un autre médium artistique. Vous pouvez faire des choses qui vous ressemblent, aussi bizarres, créatives ou singulières soient-elles. Et au diable les trends TikTok !
C’est une question d’éthique, à chacun d’agir selon ses valeurs… ou pas.
Aucun des deux, mon capitaine ! Je n’ai connu personne à qui cette menteuse ait réellement offert ce qu’il désirait (dixit Woody Allen : « La célébrité m’a apporté un gros avantage : les femmes qui me disent non sont plus belles qu’autrefois. »)