Jey Khemeya, pouvez-vous nous parler du début de votre carrière, une anecdote, un déclic qui vous a poussé à vous lancer ?

Depuis petite je rêve d’être chanteuse. Je chantais à chaque réunion de famille. J’ai intégré une chorale dès la maternelle ainsi que des cours de modern jazz que j’adorais.

Ce rêve a sombré dans l’oubli pendant quelques années. Il m’arrivait de chanter seule chez moi lorsque mes frères et parents n’étaient pas à la maison, sans me rendre compte que cet instrument me servait d’exutoire.

C’est à la fin du lycée, durant mes trois premiers mois à la faculté de droit à Lyon, que j’ai réalisé à quel point le chant et la musique étaient essentiels pour moi. J’ai alors décidé d’aller à une jam session au Sirius à Lyon pour rencontrer du monde… et voilà où j’en suis aujourd’hui !

Comment se passent vos répétitions et enregistrements ? (Lieu, durée, travail en équipe)

Nous répétons souvent à Artis, à Saxe Gambetta, à Lyon. Nous affinons notre son et spectacle en résidence, souvent de 3 à 4 jours selon les lieux (Bizarre!, Vénissieux – Épicerie Moderne, Feyzin – La Rayonne, Villeurbanne).

Mon équipe se compose de :

  • 5 musiciens (batterie, claviers, basse, guitare et moi-même au chant/clarinette).
  • 2 techniciens (lumières et son – présents sur chaques dates)
  • 1 DA – Leonem aka Gaétan Lack avec qui nous nous concertons beaucoup.

Pour l’album à venir, nous avons travaillé sur la composition pendant un peu plus d’un an avec Leonem. Ensuite, il aura fallu trois résidences et plusieurs répétitions pour monter le nouveau live, beaucoup plus dense et riche en matière de son et de technique.

Faites-vous du live ? Comment cela se passe-t-il ? Avez-vous un agent ou contrat de tourneur/booking

Nous faisons énormément de live, ça fait d’ailleurs partie des aspects que j’aime le plus dans ce métier : faire vivre un moment unique au public.
Nous partons systématiquement avec la même équipe citée ci-dessus. Avec Leonem, nous avons également monté notre propre structure de booking, Bulles Productions. Nous venons de recruter deux bookeurs qui s’occuperont respectivement de nos projets artistiques ainsi que d’autres artistes (Leonem évoluant aussi dans le rap).

Quelle est votre prochaine actualité ? Des choses à venir Jey Khemeya ?

Nous sortons mon premier album le 18 septembre 2026 ! Entre temps, une série de single : “Freedom” le 20 février – “Extra” le 10 avril et “A Sea Of Ways And Lights” le 12 juin.

Avez-vous un label ? Quels conseils pourriez-vous donner à un jeune talent pour en trouver un?

Nous avons également monté notre propre label avec Leonem : Grande Avenue.

À un jeune talent, je conseillerais de faire la musique en laquelle il ou elle croit. L’authenticité fonctionne toujours, à mon sens. Et si personne ne souhaite accompagner le projet, pourquoi ne pas créer son propre label !

Avec Internet, les talents ont aujourd’hui une grande liberté pour faire découvrir leurs œuvres au public, quels sont les moyens / outils que vous conseillez ?

Nous utilisons beaucoup Instagram. Le choix du canal dépend de l’esthétique du projet, de la génération de l’artiste et de la tranche d’âge ciblée. Nous n’avons pas encore vraiment investi TikTok, car nous aimons proposer des contenus travaillés, plus cinématographiques, qui fonctionnent encore très bien sur Instagram, Facebook et YouTube, mais pas du tout sur TikTok.

C’est plus facile à dire qu’à faire, mais il est important de ne pas se travestir ni de travestir sa musique pour plaire. L’essentiel reste de demeurer authentique tout en identifiant les outils les plus pertinents.

Que pensez-vous des artistes qui faussent leurs stats en achetant des vues ou des streaming ?

Il est compliqué pour un artiste de se démarquer dans l’océan de propositions qui l’entoure. Je peux comprendre que certains aient recours à ces pratiques, car elles peuvent visuellement ouvrir des opportunités (être davantage pris au sérieux, obtenir des propositions de dates, etc.). Surtout au début, lorsque les moyens sont limités et qu’il est difficile de savoir vers qui se tourner pour développer naturellement sa fanbase.

Depuis quatre ans, Leonem s’est formé au marketing digital pour comprendre les rouages de chaque plateforme. Nous avons créé, au sein de Grande Avenue, une marque appelée Nexus Music, dont l’objectif est d’aider les artistes à développer leur audience avec de vrais auditeurs et à faire grandir leur fanbase en fonction de leur budget.

À mon sens, il reste toutefois plus pertinent d’investir dans une promotion ciblée vers des auditeurs réels. Cela a bien plus de valeur d’avoir “seulement” dix personnes par jour qui écoutent, achètent nos CD et viennent en concert, plutôt que des milliers de chiffres artificiels. La relation authentique avec le public reste ce qui construit une carrière sur le long terme.

Devenir célèbre, un objectif ou aboutissement selon vous?

Célèbre, non. Mais suffisamment reconnue pour vivre sereinement de mon art, oui. Nous investissons tellement d’énergie et d’argent dans nos carrières respectives que nous avons naturellement envie que cela fonctionne.