Steelcox propose un nouvel album


- Pouvez-vous nous parler du début de votre carrière, une anecdote, un déclic qui vous a poussé à vous lancer ?

J’ai démarré par la scène avec mon groupe de musiciens, le groupe Ysée-A à ses débuts. C’était une équipe sympa. Ils étaient tous amoureux de la musique, pleins de talents, toujours de bonne humeur et surtout avaient beaucoup d’humour. On a passé ensemble des moments fantastiques. La première scène que j’ai faite c’était avec eux dans la région parisienne. Avant d’aller jouer nous avions répété tous ensemble chez les parents d’Alain, le batteur. Je me souviens que pour conjurer le trac qui nous rongeait, ils nous avaient servi pour l déjeuner, en début d’après-midi, une délicieuse fondue savoyarde … très arrosée ! Si bien que je suis allé chanter le soir dans un état second :o)). Nous nous sommes rendus au théâtre qui était aussi un conservatoire de musique. Je n’ai appris qu’à la fin de la soirée que nous jouions pour la soirée des professeurs de musique du conservatoire. Je crois bien que si je l’avais su avant je n’aurais jamais osé monter sur scène ! Après une telle épreuve, je me suis dit que je pouvais me lancer et tout est parti de là et pour des années !

- Comment se passe vos répétitions et enregistrements ? (Lieu, durée, travail en équipe)

C’est très variable, lorsque je répète seul mes répétitions ont lieu depuis quelques temps à Paris dans des studios spécialisés ou bien chez moi.
Quand nous sommes en groupe, il nous faut une salle équipée et insonorisée de façon à pouvoir travailler l’esprit tranquille.
C’est vrai que c’est toujours une difficulté majeure pour les groupes de trouver une salle éloignée des habitations ou insonorisée qui réunisse en même temps les critères de sécurité nécessaires à l’entrepôt du matériel. Aujourd’hui on trouve plus facilement des salles appropriées et c’est très bien.
Lorsque je monte un tour de chant, le travail préparatoire s’effectue sur la base de mes partitions en tête à tête avec le leader du groupe ou le chef d’orchestre à qui je soumets mes titres et les enregistrements correspondants pour la préparation des arrangements spécifiques à la formation retenue.
Ensuite je travaille avec l’ensemble du groupe pour les répétitions, les mises en place, le filage, etc. …

- Faites-vous du live ? Comment cela se passe-t-il ? Avez-vous un agent ou contrat de tourneur/booking ?

Après avoir fait beaucoup de scène, cabarets, centres culturels, théâtres sur Paris et la Province, j’ai dû me concentrer sur la recherche d’une production pour obtenir une structure professionnelle. Je n’ai pas trouvé les partenaires professionnels convoités c’est la raison pour laquelle je me suis tourné vers l’autoproduction avec Coxymusique. Actuellement je dispose d’un catalogue relativement important (plus de 150 titres) et travaille également sur la constitution d’une nouvelle équipe de musiciens pour la scène. Nous avons réuni les musiciens intéressés mais l’aspect administratif n’est pas simple à mettre en place ce qui ralentit considérablement la réalisation du projet. C’est souvent la quadrature du cercle mais je garde bon espoir ! Dans ce métier, il faut souvent disposer des moyens financiers de quelqu’un qui a déjà réussi pour pouvoir démarrer ! Mais je crois bien qu’avec la crise économique ce principe s’est généralisé à toutes les activités quelles qu’elles soient.
Actuellement, je n’ai ni Agent ni contrat avec un Tourneur. Cela s’explique par le fait qu’ils doivent d’abord me voir sur scène pour envisager une collaboration !

- Quelle est votre prochaine actualité ? Des choses à venir ?

Mon actualité, après la parution de l’album « Voleur de femmes », est la sortie toute récente sur les plateformes de téléchargement légal et sur mon site officiel www.steelcox.com de l’album « Vintage » à la demande de fans fidèles qui me suivent. C’est un album qui réunit 11 chansons millésimées du meilleur cru. Ces chansons sont pour moi très importantes puisqu’il s’agit des premiers titres que j’ai composés, on retrouve entre autres « Années 80 » en hommage à Coluche, « Musico » ou la vie d’un chanteur musicien, « L’argent à gauche » précaution acrobatique qui recommande d’avoir de l’argent devant soi pour pouvoir se retourner, « Manhattan » et les graffitis, « L’homme est C.B. » sur la Citizen Band et « Miss Ice Cream », cette ouvreuse de cinéma qui m’avait ouvert les portes de RMC grâce à Michel Denisot. Il y a donc dans cet album des cuivres, de la pedal steel guitar pour la touche country, les musiciens qui m’entouraient à l’époque et mes amis du groupe Ysée-A. Ils étaient venus au studio enregistrer les chœurs, les wap doo wap, des parties de guitare et la batterie. C’est donc un album plein d’excellents souvenirs qui ne m’ont jamais quitté. Je dois donc à présent m’occuper de la distribution et de la promotion de cet album. Je travaille également à la composition de nouveaux titres et à la perspective de concerts.

- Avec Internet, les talents ont aujourd’hui une grande liberté pour faire découvrir leurs oeuvres au public, quels sont les moyens / outils que vous conseillez ?

Oui c’est vrai. Moi j’ai connu la musique sans Internet et la musique avec Internet, ce qui me permet de faire facilement la différence ! Après avoir été bâillonnés chez eux, les chanteurs sont aujourd’hui noyés dans l’océan du web ! C‘est pas simple non plus mais je préfère sans hésiter la deuxième situation :o))
Aujourd’hui Internet offre de nombreuses possibilités aux artistes pour se faire connaître et c’est tant mieux. Je pense que dans quelques temps Internet rivalisera avec les grands médias. J’aime rappeler Coluche qui disait que le public ne peut choisir que parmi ce qu’on lui propose. Aujourd’hui le public est très sollicité et je suis persuadé que l’on ne peut retenir son attention que par la qualité à condition qu’on lui présente. Je pense sincèrement qu’en ce qui concerne les métiers artistiques c’est le public qui décide et qu’il a toujours raison. Les outils que je conseillerais c’est bien sûr Facebook, Twitter et tous les sites musicaux et surtout de ne pas manquer de répondre aux propositions d’interview comme la vôtre, ce que je fais actuellement !

- Le téléchargement illégal, quel est votre avis sur le sujet ?

Je ne peux qu’être opposé à ce qui est illégal !
Quand on parle de téléchargement illégal on parle de télécharger de la musique sans payer les créateurs c’est à dire toute la filière, les auteurs, les compositeurs, les chanteurs, les musiciens, les techniciens et les fournisseurs du matériel technique, etc. …
Tout cela parce que le métier de la musique, dans l’esprit des gens, est très souvent assimilé à tort à un loisir. Il y a une profonde confusion entre la position du consommateur qui est celle de la consommation d’un divertissement dans le cadre d’un loisir et celle du créateur qui est celle du professionnel qui a pour activité de concevoir, de créer et fabriquer l’objet du divertissement en l’occurrence la musique dans le cadre d’un travail qui doit être rémunéré car c’est ainsi que fonctionne la société.

Dans notre société, je ne vois guère dans d’autres professions de parallèle à une telle situation. Imaginons que vous deviez subir une intervention chirurgicale effectuée par une équipe de médecins qui ne seraient pas rémunérés pour ce travail et qui seraient contraints pour subsister d’avoir recours à temps plein à des emplois alimentaires dans d’autres domaines d’activité ! Leur feriez-vous confiance ?
Je pense que tout artiste aspire légitimement à vivre de son art et cela pour plusieurs raisons. La première : sa disponibilité est indispensable à sa qualité professionnelle. Pour ce qui est de la musique comme vous le savez, lorsque le public paie pour voir un artiste exécuter une performance sur scène c’est sans droit à l’erreur. L’enregistrement juste d’une œuvre que l’on écoute ou la prestation parfaite à laquelle on assiste devant la scène n’est que la partie visible de l’iceberg du travail d’un artiste. La partie cachée c’est tout le travail préparatoire en amont : les cours, les répétitions, l’entraînement, les gammes et le travail sur les projets futurs qui ne sont généralement pas rémunérés. L’expliquer c’est un peu casser la magie du spectacle mais dans ce cas il me semble nécessaire de le faire. Un téléchargement gratuit peut contribuer à faire connaître des artistes mais le systématiquement gratuit ou illégal peut les détruire et, a fortiori, dans le cadre fragile de l’autoproduction.

Steelcox

Site Officiel : http://www.steelcox.com

Photo : Cyril Terrien


     

2 Responses pour “Steelcox propose un nouvel album”

  1. Entièrement d’accord avec Rémy steelcox , artiste de talent. Car il faut un travail
    Titanesque pour produire ce genre d’album !!!. Cela demande un don de soi énorme “pour le plaisir des Auditeurs “.
    Donc la gratuité du télé chargement me semble inappropriée !!
    Et comme l’on dit en France: Tout travail mérite salai…………..!!
    Et vive la musique !
    A bientôt

  2. Bon interview. Bons commentaires ” il faut savoir se vendre “.

    Et c’est fait !!

    Bravo!!!

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