
Noomiz, la plateforme de détection dartistes, qui se veut être leur passerelle avec les professionnels, sapprête à passer à létape supérieure. Proposant une analyse très fine de ladhésion du public aux nouveaux talents, elle suscite un intérêt grandissant
En quelques mois, elle réunit déjà 3 000 artistes (ils étaient 200 en janvier) qui disposent dun miniblog, avec bio, photos, player pour exposer leur musique (exportable sur Facebook et autres réseaux sociaux), infos concerts, news
Son principal atout : un algorithme pointu, développé avec un institut de recherches en statistiques, et qui, prenant en compte des critères quantitatifs et surtout qualitatifs, permet des analyses impressionnantes.
Des outils pour les artistes et pour les pros
En résulte le Top 100 Noomiz, établi à partir des titres les plus « marqués », de leur présence dans les playlists et de lexportation des playlists, du volume découtes généré, de la qualité (écoutes entières…). « Cest un classement basé sur ladhésion (les gens ont-ils aimé ?), et non sur les volumes » souligne Antoine El Iman, cofondateur de la plateforme avec Thomas Artiguebielle. En résulte aussi les « rendez-vous Noomiz », accordés par les labels et éditeurs (AZ, Atmosphériques, Universal Music Publishing
), à raison de dix par mois, aux artistes repérés grâce à ce top. Depuis leur démarrage en mars, une cinquantaine ont déjà eu lieu, permettant notamment à La Féline de signer un « contrat de maquette » (une tendance qui se développe, avec option de six mois pour un vrai contrat dartiste ensuite) avec AZ, et à des artistes comme Swann ou LeNoiseur de recevoir des offres de signatures. Cest aussi lorganisation de concerts Noomiz chaque mois à LInternational à Paris (trois artistes repérés dans le top Noomiz par le programmateur du lieu), la rubrique « Le choix des webzines » et le développement régulier de nouvelles fonctionnalités
Au-delà de la découverte de talents, les majors sintéressent de plus en plus à la plateforme, notamment pour monter des blogs dartistes déjà signés (Zaz, Jenna Lee, ou Christophe Maé en préparation). « Les audiences de Noomiz les intéressent et leur permet de créer des mini-sites exportables et des outils de datamining. Nous sommes capables de savoir qui écoute, de quel sexe, de quel âge, de quelle agglomération
Nous réalisons aussi un scan de le-réputation de lartiste sur le web (Twitter, Google, sites de streaming
) » explique Antoine El Iman. « Ce que nous proposons est différent de ce que les autres ont fait jusquà présent. Il y a une vraie rupture technologique. Faire parler les données web, ce quon appelle le datamining, est un nouveau métier.
Ouvertures au public, à linternational et à dautres secteurs
Les widgets proposés par la plateforme sont déjà traduits en anglais et le seront bientôt en japonais. Noomiz a officiellement signé le 24 août son partenariat avec le Bureau Export dans le cadre de la promotion numérique des artistes français à linternational (programme abondé par le ministère des Affaires étrangères et européennes) et « le produit est éligible en commission » précise Antoine El Iman, en annonçant que la traduction du site est en cours pour un lancement du site à linternational dans les semaines à venir.
Après sêtre « entrouverte » cet été au public (1 000 personnes en beta test, 5 000 à partir du 30 août), Noomiz sapprête à ouvrir sa plateforme aux internautes dans quelques semaines, avec un plan de communication et une conférence de presse prévue le 28 septembre. « Nous avons davantage besoin dinscrits que de visiteurs uniques » précise A. El Iman. Les inscrits, plus motivés que les simples visiteurs, vont pouvoir profiter des services et fonctionnalités de la plateforme : le « mur du son » (un moteur de recommandation « intelligent » pour la découverte), bookmarks, et surtout la possibilité de constituer et partager des playlists, lesquelles seront exportables sur facebook et tous les réseaux sociaux via un petit player personnalisable. De quoi démultiplier limpact et la visibilité des talents.
Visiblement, Noomiz a le vent en poupe et ne chôme pas. Avec des gros investissements technologiques, ses fondateurs ne visent pas la rentabilité avant 2012. « Nous avons une vision à long terme. On a dabord travaillé avec la filière musicale mais on pense déjà à des applications hors musique dans quelques années. Cest, pour nous, une nécessité dexporter notre savoir-faire sur dautres secteurs dactivité » commente Antoine El Iman.